Ce feuilleton est illustré par Anne Teuf, avec les conseils scientifiques de Georges Bischoff.
Au terme du Congrès de Molsheim, je reprends la route de Marmoutier. Les Lorrains nous menacent ; il nous faut agir promptement. Les 20 000 hommes que je commande sont prêts à combattre. Nous partons pour Saverne. Les autorités de la ville nous intiment encore une fois de nous disperser. Je fais alors converger le reste des bandes vers Saverne pour y attendre les lorrains.
Le 15 mai, les troupes lorraines sont arrivées devant la ville. Les bandes que j’avais appelées n’ont eu guère le temps de me rejoindre. Ce n’est que le lendemain qu’elles tentent de briser le siège. Mais bientôt j’apprends les défaites face aux troupes lorraines… On parle d’un affrontement sanglant à Lupstein.
Aujourd’hui, j’ai pris la décision de capituler. La défaite est certaine. C’est, non sans regret, que je négocie la vie sauve pour mes hommes. Je ne me fais guère d’illusions sur mon propre sort. Les Lorrains entrent dans la ville. Tout cela n’aura servi à rien. Les miens se font massacrer comme des chiens.
Le soir même, aux portes de notre tombeau, Saverne, on me mène sous un saule. La corde est déjà prête.
Erasme Gerber
* aller plus loin : Livre II, chapitre 3, page 39 r. Accessible en ligne sur Gallica.