L’entrée des soldats dans les villes prend la forme d’un spectacle, auquel précédemment les autorités allemandes ont cependant ordonné de ne pas assister. Les unités les plus mobiles font d’abord leur apparition, cavaliers et chasseurs cyclistes en avant-garde après une course décrite par les soldats eux-mêmes comme exténuante, afin d’investir les points-clefs du bassin de la Ruhr le plus rapidement possible. Le rôle préalable des renseignements a été indispensable au bon déroulement de l’opération. Les unités d’infanterie, les blindés, l’artillerie, la flottille du Rhin, l’aviation, prennent à leur tour progressivement leurs cantonnements. Cette démonstration de force destinée à dissuader toute résistance armée parmi les populations occupées, doit aussi camoufler des effectifs insuffisants ainsi qu’un armement en partie vieillissant.
Cependant les convois de chars qui traversent les villes, la prestance de la cavalerie ou des chasseurs alpins marchant au pas, à la fois impressionnent, attisent la haine et fascinent les enfants dans un territoire qui n’a jamais connu d’occupation. Contrairement à la conduite adoptée par les fonctionnaires municipaux, cela ne laisse pas indifférents les habitants. À son acmé, l’opération de la Ruhr mobilise 70 000 soldats français et 7.000 belges.