2.1.- Les autorités militaires contre l’administration municipale

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À partir du 24 janvier 1923, le général Laignelot remplace Vidalon à la tête de la 47e Division d’infanterie, dont l’état-major est à Recklinghausen. À la souplesse de Vidalon, succède la rigidité de Laignelot. Ce changement de direction  militaire semble correspondre à une volonté de reprendre en main une situation qui dérape, la résistance passive poussant l’occupant à un emploi croissant de la force. L’exercice s’avère cependant délicat, puisqu’il faut officiellement, au nom du caractère « pacifique » de la mission, que l’action ne dégénère pas en occupation de guerre. Décoré plusieurs fois, Jean-Baptiste Laignelot ne se montre guère impressionné par le refus de travail qui mobilise les habitants de Recklinghausen contre les Français. Il déploie un arsenal continuel de sanctions : réquisitions, arrestations, amendes, expulsions.

Les médias allemands lui assignent en conséquence une réputation calomnieuse. Le maire de Recklinghausen, Sulpiz Hamm, esprit subtil formé par ses études au droit, ancien lieutenant dans l’artillerie, résiste aux ordres de l’occupant, tant en représentant de ses administrés, de la province de Prusse et de l’État allemand, qu’en ancien combattant se tenant droit devant l’ennemi, mais désormais sans armes. Après son expulsion le 29 janvier 1923, il continue à suivre de près les dossiers qu’il annote d’un crayon à la mine violette, rappelant à l’ordre ses subordonnés, s’il estime qu’ils dévient de la ligne de conduite à suivre pour un serviteur du Reich.