Recklinghausen, ville dans la Ruhr occupée
En janvier 1923, avec plus de 60.000 habitants, dont 70 % de mineurs, trois mines de charbon, trois gares, Recklinghausen est à la fois un carrefour ferroviaire avec un accès au canal Rhin-Herne, un centre charbonnier aux immenses réserves, et une ville frontière, qui fait face à la rivière Lippe au nord, point de passage vers l’Allemagne non-occupée. Les généraux Vidalon puis Laignelot installent l’état-major de la 47e Division d’infanterie dans les bâtiments du lycée Petrinum. Les événements qui s’y déroulent pendant l’occupation française jusqu’en juillet 1925 témoignent de la valeur stratégique de la ville, tant par son importance économique qu’idéologique : certains d’entre eux acquièrent une résonance internationale, Recklinghausen focalisant l’attention de l’opinion publique au même titre qu’Essen.
Cependant Recklinghausen, par sa culture, par la composition hétérogène de ses habitants, parmi lesquels se côtoient bourgeoisie d’affaires et prolétariat ouvrier, reflète un visage particulier de la résistance allemande à l’occupant français : une confrontation qui ne faiblit pas mais privilégie la dignité, la force morale plutôt que la brutalité, à l’image de l’exemple donné par l’équipe de la municipalité autour du maire Sulpiz Hamm. Une attitude de ténacité, qui même si elle doit ployer sous la violence des armes, parvient à discréditer la coercition militaire des autorités françaises.