En arrêtant toute livraison de charbon ou en lui refusant tout service commercial, en ne répondant pas à ses demandes de renseignement, la résistance passive parvient à enrayer temporairement la mécanique de l’occupant.
Plutôt que de déclencher un bain de sang parmi les mineurs réfractaires rassemblés face à la troupe, les autorités franco-belges réagissent par des arrestations ciblées de meneurs et cherchent même à Recklinghausen à s’appuyer sur les délégués communistes de la mine, sans succès. Comme dans la plupart des villes occupées, le général Laignelot applique un régime de terreur, se débarrassant de tous les opposants et des fonctionnaires en les expulsant, couvrant les tortures infligées lors d’interrogatoires, laissant les soldats exaspérés user de violence sur les passants.
Le Reich organise la diffusion à l’échelle internationale des informations concernant les exactions attribuées aux Français — réelles ou déformées. L’expulsion des spectateurs pendant une représentation théâtrale dans la nuit du 7 au 8 février, alors qu’un couvre-feu avait été décrété en représailles au boycott anti-français par les commerçants, trouve un écho dans les colonnes des journaux jusqu’à l’étranger : bien que les faits soient impossibles à vérifier, le prétendu emploi par les officiers de la cravache, est un détail qui contribue grandement à l’audience du fait-divers. La Recklinghäuser Zeitung et la plupart des titres de presse sont régulièrement frappés d’interdictions de parution, qui peuvent être définitives, mais qui trahissent surtout l’impuissance des autorités occupantes à entraver la circulation de l’information ou des « bobards ».