L’immensité des installations de transport et d’industrie, l’effectif restreint de soldats par rapport aux nombreux points à surveiller, facilitent l’irruption de commandos composés de corps-francs, malgré une barrière douanière et l’installation de barbelés soutenus de nids de mitrailleuses.
Les dégâts matériels causés par les sabotages ferroviaires qui bloquent les prélèvements de charbon, n’ont qu’un impact temporaire, les cheminots ou les troupes du génie parvenant à rétablir la situation. Même après le dynamitage du siphon du canal Rhin-Herne qui le vide de ses eaux, les convois des barges chargées de charbon à destination du port de Strasbourg finissent par reprendre.
Plus redoutés sont les attentats contre les soldats, qui isolés aux postes de garde, sont des cibles pour les pistolets Parabellum, employés par la Schutzpolizei, évincée par l’occupant depuis février 1923. Le général Laignelot décrète un couvre-feu immédiat après la mort par balle de la sentinelle Pillet, la nuit en gare de Recklinghausen. Un vendeur de 19 ans, qui rentrait chez lui à pieds est abattu le 11 juin 1923 vers minuit par un garde, sans savoir s’il a été fait de sommation. Il fait partie des quatre victimes par balles françaises de Recklinghausen, parmi les 130 tués allemands estimés de la Ruhrbesetzung, contre quelques dizaines de tombés pour la France.
Les plaintes allemandes concernant les amendes collectives infligées lors d’attentats ou les prise en otage de notables sur les trains qui risquent d’être la cible de sabotages, se heurtent chez les Belges et les Français au rappel des méthodes de répression identiques en usage lors de l’occupation allemande de la Belgique ou du nord de la France. Les enquêtes exigées par la municipalité dans les cas d’homicide sont refusées et en conséquence, deux versions s’opposent dans les rapports : pour les Allemands il est certain que le soldat Pillet a été victime d’un accident de service.